En Espagne les "hostales" ressemblent à des pensions où logent une foule de traîne-savates, de marginaux ou de touristes venus pour la pluplart du nord de l'Europe ; des jeunes qui n'ont pour toute fortune qu'un billet de train, vingt ans et un sac à dos.
La mienne s'appelait "Residencia Tirso", et n'était pas différentes des autres; bon marché et en ruine. Située sur tout le troisième étage d'un immeuble vêtuste qui donnait en plein sur la place Tirso de Molina. Mes voisins grattaient, tapaient, toussaient, crachaient et hurlaient à toute heure comme dans un asile de fous.
Il y avait trois mois que j'habitais là-dedans mais le patron, un géant gras et abruti toujours en caleçon, tricot de peau, peignoir et savates, ne me faisait pas confiance. Sa femme, petite et maigre, bouffée par un cancer, une vieille qui rampait, la couenne racornie et fumante, me traitait, elle, comme un délinquant. Il faut dire que je n'avais pas toujours de quoi les payer et ils devaient parfois attendre jusqu'au 20 du mois pour toucher leur argent; me faisant confiance uniquement parce que j'étais moitié français et qu'ils avaient mon passeport. C'était illégal mais j'avais la paix.
Ils vivaient dans deux ou trois pièces situées à l'entrée du taudis.
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